« En 1965, au moment où le cinéma en fit un phénomène de société, paraissait en Italie le livre pionnier Il caso Bond, sous la direction d'Oreste del Buono et Umberto Eco, (Milan, Bompiani). Dans cet ouvrage, Umberto Eco décryptait les structures narratives des romans de Fleming. En 1980, au Danemark, Gérard Lehman montra la filiation de James Bond avec la littérature héroïque antique et médiévale (James Bond : héros mythique, Presses Universitaires d'Odense). Depuis, en dépit de quelques études principalement anglo-saxonnes, le James Bond littéraire ne semble pas avoir reçu une attention scientifique à sa mesure. Quant au James Bond cinématographique, bien qu'il constitue depuis 43 ans la plus longue série en continu de toute l'histoire du 7e art, et qu'il ait survécu à la fin de la guerre froide, il ne représente pas vraiment, en France du moins, un objet d'étude légitime. Pourtant, de 1962 date de sortie de Dr No à Casino Royale bientôt, on peut émettre l'hypothèse que ces films (et avant eux les romans) sont d'excellents témoins de l'histoire culturelle de nos sociétés et de leurs évolutions et qu'ils possèdent une singularité esthétique qui mérite d'être réévaluée. Si James Bond appartient à l'histoire contemporaine et aux formes populaires qu'elle a engendrées, une part de cette histoire en retour lui appartient. »
Colloque international Histoire culturelle et enjeux esthétiques d'une saga populaire, Paris, 2007.